Un proche aidant peut s'appuyer sur six grandes aides : l'APA de la personne aidée, le droit au répit qui s'y ajoute, le congé de proche aidant et son allocation journalière (AJPA), le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile et MaPrimeAdapt' pour adapter le logement. Chacune a son guichet : le département, la Caf ou la MSA, l'employeur, les impôts ou l'Anah.
Aider un proche : de quoi parle-t-on ?
Vous faites les courses de votre mère, vous passez chaque soir chez votre père, vous gérez ses rendez-vous médicaux et ses papiers : vous êtes un proche aidant, même si vous ne vous êtes jamais présenté ainsi. Il n'y a pas de statut à demander pour cela. En revanche, plusieurs aides existent, et elles ne se demandent pas au même endroit. C'est ce qui rend les démarches si fatigantes.
Ce guide fait le tour des aides nationales, dans l'ordre où elles se présentent le plus souvent. Les montants cités sont ceux publiés par les sites officiels pour 2026. Ils changent en général chaque année : vérifiez toujours la fiche officielle avant une démarche.
1. L'APA : l'aide de la personne aidée
L'allocation personnalisée d'autonomie (APA) n'est pas versée à l'aidant, mais à la personne aidée. C'est pourtant souvent la première démarche à faire, car elle ouvre la porte à d'autres aides, dont le droit au répit.
Selon Service-public.fr, l'APA à domicile s'adresse aux personnes d'au moins 60 ans, dont la perte d'autonomie est évaluée en GIR 1 à 4 (le GIR est un niveau de dépendance, de 1 pour le plus lourd à 6 pour une personne autonome). Elle finance un plan d'aide : aide à domicile, accueil de jour, portage de repas, matériel, etc. En 2026, le plan d'aide peut aller jusqu'à 2 080,33 euros par mois en GIR 1, 1 682,30 euros en GIR 2, 1 215,99 euros en GIR 3 et 811,52 euros en GIR 4. Une participation reste à la charge de la personne selon ses revenus.
La demande se fait auprès du conseil départemental, en ligne dans certains départements ou avec le formulaire cerfa 16301. Le département doit rendre sa décision dans les 2 mois qui suivent la réception du dossier complet.
2. Le droit au répit : souffler sans culpabiliser
Quand l'aidant est indispensable (il assure une présence essentielle au domicile et personne d'autre dans l'entourage ne peut le remplacer), le plan d'aide APA peut être augmenté pour financer du répit : accueil de jour ou de nuit, hébergement temporaire, relais à domicile. Le site Pour-les-personnes-agees.gouv.fr indique un plafond de 583,52 euros par an en 2026, au-delà du montant habituel de l'APA.
Si l'aidant doit être hospitalisé, une majoration ponctuelle peut aussi financer le relais auprès du proche. Tout cela se discute avec les professionnels du département qui évaluent la situation pour l'APA. Le sujet est détaillé dans notre guide sur le droit au répit et les solutions de relais.
3. Le congé de proche aidant et l'AJPA
Si vous travaillez, le congé de proche aidant vous permet de suspendre ou de réduire votre activité pour vous occuper d'un proche. Selon Service-public.fr, il dure au maximum 3 mois, renouvelable, sans dépasser 1 an sur l'ensemble de la carrière. L'employeur doit être prévenu au moins 1 mois avant, sauf urgence.
Le congé n'est pas payé par l'employeur, sauf accord collectif plus favorable. Mais la Caf ou la MSA peut verser l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) : 66,64 euros par journée en 2026, dans la limite de 66 jours par personne aidée et de 264 jours sur toute la carrière. Les conditions et les démarches sont détaillées dans notre guide congé de proche aidant et AJPA.
4. L'assurance vieillesse des aidants (AVA)
Aider un proche peut réduire votre activité, et donc vos droits à la retraite. L'AVA permet, sous conditions, de valider des trimestres de retraite. Le site Monparcourshandicap.gouv.fr précise que l'affiliation est gratuite, qu'elle concerne notamment les aidants sans activité ou à temps partiel qui aident un adulte ayant un taux d'incapacité d'au moins 80 %, et qu'elle est automatique pour les personnes qui perçoivent l'AJPA. Les autres aidants la demandent à la MDPH ou à la Caf ou à la MSA.
5. Le crédit d'impôt pour l'emploi à domicile
Si vous payez une aide à domicile, directement ou par un organisme, une partie de la dépense vous revient. Service-public.fr indique un crédit d'impôt de 50 % des dépenses, dans la limite de 12 000 euros par an, soit un avantage maximal de 6 000 euros. Le plafond est majoré de 1 500 euros notamment pour un membre du foyer âgé de plus de 65 ans, dans la limite de 15 000 euros, et il peut atteindre 20 000 euros dans certaines situations d'invalidité.
Un point utile pour les familles : le crédit d'impôt est possible pour un salarié employé au domicile d'un ascendant qui perçoit l'APA. Il ne se cumule pas, pour ce même parent, avec la déduction d'une pension alimentaire. Un acompte de 60 % est versé en janvier, calculé sur le crédit de l'année précédente.
6. MaPrimeAdapt' : adapter le logement
Remplacer une baignoire par une douche, poser un monte-escalier, élargir une porte : ces travaux peuvent être aidés par MaPrimeAdapt'. Selon Service-public.fr, l'aide concerne les propriétaires et les locataires du parc privé, à partir de 70 ans, ou entre 60 et 69 ans avec une perte d'autonomie évaluée, ou en cas de handicap reconnu d'au moins 50 %. Sous conditions de ressources, elle finance 70 % des travaux pour les ménages aux ressources très modestes et 50 % pour les ménages aux ressources modestes, dans la limite de 22 000 euros de travaux. Un accompagnateur agréé suit obligatoirement le projet, et il ne faut pas commencer les travaux avant l'accord. Le premier contact se fait auprès d'un conseiller France Rénov'.
Et la PCH ?
Si votre proche a moins de 60 ans (sauf exceptions) et vit avec un handicap, c'est la prestation de compensation du handicap (PCH) qu'il faut regarder, auprès de la MDPH. Elle peut notamment dédommager un aidant familial pour l'aide humaine apportée, selon des tarifs horaires fixés par les textes.
Par où commencer ?
- Faire le point sur la situation de votre proche : âge, niveau d'autonomie, aides déjà en place.
- Déposer la demande d'APA si elle n'existe pas encore, et parler du répit lors de l'évaluation.
- Si vous travaillez, regarder le congé de proche aidant et l'AJPA avant d'être à bout.
- Garder toutes les factures d'aide à domicile pour la déclaration de revenus.
- Contacter le point d'information de votre département : il connaît les aides locales, qui s'ajoutent aux aides nationales.
Les aides nationales sont les mêmes partout, mais les interlocuteurs changent d'un département à l'autre. Le guide des aides aux aidants de votre département rassemble sur un même document imprimable les montants officiels, les coordonnées du conseil départemental, de la MDPH, des points d'information et des plateformes de répit près de chez vous. Pour ne plus chercher qui appeler, choisissez votre département.
Un guide PDF à imprimer pour votre département : APA, droit au répit, PCH, congé de proche aidant et AJPA, crédit d'impôt, MaPrimeAdapt', avec les coordonnées officielles des organismes près de chez vous, une check-list et un calendrier des délais.
Voir le guide de mon départementSources officielles
- Service-public.fr, Allocation personnalisée d'autonomie (APA) à domicile (F10009)
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, L'aide au répit dans le cadre de l'APA
- Service-public.fr, Congé de proche aidant (F16920)
- Monparcourshandicap.gouv.fr, L'assurance vieillesse des aidants (AVA)
- Service-public.fr, Crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile (F12)
- Service-public.fr, MaPrimeAdapt' (F37501)
- Service-public.fr, Prestation de compensation du handicap (F14202)
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